dimanche 13 février 2011

Grosse pute.


Au fond, je ne suis pas une salope. J’ai juste un sens de l’autodérision qui est impénétrable. Toutes les choses vraiment perverses, ou qui semblent l’être, ont une part d’innocence. Ma part d’innocence est que je n’ai jamais voulu admettre que j’en avais une. On ne m’a pas appris à être sincère, on ne m’a pas appris l’existence, on m’a juste dit qu’il fallait fuir face aux questions sérieuses de gens sérieux, fuir en balançant une blague sur ton père, fuir avec classe, et prendre parfois le risque de tomber dans le ridicule lorsque la pute que je suis commence à te niquer le cerveau et, accessoirement, le cœur.
On m’a appris à faire croire à une force éternelle, à l'irrévocabilité d'une force inexistante pour ne pas me retrouver à causer de comment je me suis retrouvée à lécher le bitume. On m’a dit qu’il fallait que j’écrive sur le cul pour faire face à la tentation d’écrire sur les hommes, on m’a dit qu’il fallait que je parle de tes fesses mais pas de mon corps contre le tien, un peu comme si vie et mort se touchaient dans l’extase absolu. On m’a dit que j’allais devoir apprendre à arnaquer les enfoirés sincères mais je n’ai jamais lu Oscar Wilde.
On m’a dit que je pouvais parler de mon coma, mais jamais d’alcool, jamais d’amour, jamais de l’envers de l’amour. On m’a appris à dire « non » pour dire « oui » et « t’es qu’un fils de pute » pour dire « je t’aime ». 
On m'a dit qu'il fallait que je passe toute ma vie à affirmer que je suis une salope, montrer mes seins et cacher mon coeur, ce genre de conneries... mais je ne suis pas bonne, je ne suis pas toujours bonne à ce jeu là; j'ai foiré en te disant que tu n'étais pas un enculé, et tu m'avais tellement dans le coeur que t'as décidé de me descendre d'une balle dans le dos. Et tu m'as pas raté. Tu m'as pas raté putain. Mais au fond, je n'étais pas morte, je l'étais pas parce que je n'avais jamais éprouvé ça auparavant, je n'avais jamais éprouvé cette béatitude douce, vacillante. C'était comme si j'étais revenue à la vie. Fluctuations de naissances et de morts. 
Au commencement, je n'étais pas supposée faire ça; je n'étais pas supposé me mettre à genoux devant toi, ou te donner la possibilité d'étudier mes réactions, car j'étais supposé ne pas en avoir. On m'avait dit que les gens sincères étaient des tapioles et j'avais juré que je ne serais jamais une tantouze. Puis un jour quelqu'un m'a dit que je schlinguais l'insécurité et sans le savoir, à cet instant là, il m'a tenu les cheveux, violemment, et m'a obligé à lécher ce putain de macadam.

Je ne sais rien de vous, je ne sais rien de moi, et la seule chose debout face à moi, à avoir le dos tourné à la sincérité, c’est moi.

13 commentaires:

Lisa a dit…

J'voulais te demander : tu penses quoi de ce qui se passe dans le monde arabe pour le moment ?

Jade D. a dit…

Meilleur post.

Anonyme a dit…

meuf, tu souffres. arrête.

Fœtus a dit…

???

Anonyme a dit…

on dirait que t'écris en pleurant ou que tu écris avec ton sang, on sent que quelqu'un t'as poussé à bout.

jerôme a dit…

tu crois vraiment qu'il savait pas ce qu'il faisait, quand il t'a mis la tête dans ta merde?

Fœtus a dit…

C'est moi qui devrait poser la question, normalement.

jrôme a dit…

Nan la question n'a pas à être posé, et tu saurais même pas si la réponse est sincère.

Fœtus a dit…

Un jour je la poserai, cette question. Et la réponse aura intérêt à être sincère.

jerôme a dit…

je t'envie de pouvoir dire quand les gens mentent ou pas.

Fœtus a dit…

On se reconnait entre imposteurs.

maria a dit…

Tu viens de dire que t'étais une imposture?

Fœtus a dit…

Je viens de dire que si tu penses que je suis conne, tu te fist l'œil.