dimanche 25 juillet 2010

One Night Stand.



En fait, j'ai jamais été du genre à faire un effort pour me rappeler des dates soi-disant importantes. Non, en vérité, j'ai même jamais été du genre à me rappeler des gens que je rencontrais, des types avec qui je couchais ou des meufs avec qui j'échangeais quelques mots. Les gens défilent, je jacte avec eux, ils me racontent leur quotidien à chier pendant dix minutes, je les écoute pendant deux secondes et puis ils disparaissent. Mais je me rappellerai toujours de ce soir, le dix juillet, où on se connaissait à peine mais où on avait quand même été d'accord pour proposer à tes potes de jouer au Pineapple parce qu'on était particulièrement doués à ce jeu. Trois heures s'étaient écoulées depuis la distribution des cartes et c'était le moment de la partie où les deux derniers joueurs encore en jeu devaient comparer leurs mains. Je me rapelle que tu n'avais pas jaspiner une seule seconde pendant toute la partie et que t'avais l'air particulièrement concentré, comme si tu te prenais pour Doyle Brunson ou un truc comme ça. Mais t'avais l'air classe avec tes Clubmasters et ce jean noir qui te faisait une belle paire de fesses. Ouais, un joli cul que je dévorais des yeux et pour lequel j'aurais pu vendre mon âme au diable si tes quatre levées ne me foutait pas déjà dans un sale merdier.
Finalement, tu as gagné cette putain de partie mais je m'en branlais puisque de toute façon je battais jamais les mecs et encore moins les lascars dans ton genre. Non, à vrai dire, j'étais en rogne parce que nos regards s'étaient rencontrés et qu'un désir, ou qu'une espèce de colère furieuse s'était emparé de moi parce que je venais de me rendre compte qu'il y avait des gens qui étaient capables de faire naître un sens de la beauté chez des êtres dont la vie était jusque-là laide et sordide. J'étais en rogne parce que je voulais te posséder mais que j'avais remarqué que t'avais la gaule à chaque fois que tu matais le cul de ma frangine. J'étais en rogne parce que je savais qu'il fallait probablement que je laisse tomber mes saloperies de principes le temps que j'te lèche le derche.
Non, en fait, en y pensant, l'amour que je te portais n'avait rien à voir avec ton cul ou tes lunettes, parce que ce n'était pas cette espèce d'admiration purement physique de la beauté qui naît des sens et meurt quand ceux-ci se lassent; tes fesses pouvaient devenir complètement flasques que j'aurais continué à t'aimer. Et c'était là, je crois, la différence entre toi et la bande de demeurés que j'allais rencontrer par la suite; c'est que je n'avais vraiment rien à foutre de la taille de ta bite ou de la couleur de tes cheveux, je ne savais pas si j'étais capable d'être avec toi sans être attirée par quelqu'un d'autre, alors je ne t'ai pas causé, je t'ai laissé gagner à l'Omaha et je t'ai regardé te barrer cinq jours après en me lançant un "j'espère que l'on se reverra...", nonchalamment, comme si on s'était envoyé en l'air toute les nuits depuis ton arrivée. Enculé d'arabe!
Si je parle de toi aujourd'hui c'est parce que l'autre jour - comme chaque année - j'ai pris l'avion et je suis retournée dans ce même foutu pays, au même endroit où l'on s'est rencontré il y a un an et demi et que je me suis assise pendant quatre heures devant le réceptionniste irrésolu de ce même hôtel, en espérant t'apercevoir. Mais la nuit, il n'y a que des ombres irréelles qui surgissent, des fantômes plus terrifiants que la réalité elle-même.

8 commentaires:

johnnie a dit…

ben je glandais sur le blog de babylone et j'ai cliqué sur le lien de profil sur un des commentaires.
ouais j'ai rien d'autre à foutre ce soir.

johnnie a dit…

bon jvais te dire un secret en fait jsuis pas vraiment un garçon.
mais les filles c'est chiant alors..
& c'est vraiment pas ce que j'ai pu écrire de mieux non plus mais on fait avec

Anonyme a dit…

Ben en fait, y a pas vraiment de "moi ou ma pote" parce que Eth et Pat, sont moi: Ethos et Pathos (soit raison et passion). En fait cet article transcrit allégoriquement le débat entre ces 2 parties de moi (non, non, je ne suis pas schizo).
En lisant ce texte, tu viens de passer une soirée dans ma tête(on voit à quel point c'est frustrant et non concluant).
Je suis contente que quelqu'un l'ait lu, surtout quelqu'un qui a des conceptions visiblement similaires.

Anonyme a dit…

C'est exactement ça. Et même si aujourd'hui l'hésitation règne, je suis sûre qu'en gagnant en maturité on choisit de se calmer, un peu. Histoire d'être heureux. Mais j'espère que ce sera le plus tard possible, parce que ce jour là, je trouverai ma vie chiante et banale à mourir.

Jade D. a dit…

Je crois que je passe ici tous les jours en espérant un nouveau texte, je suis un peu folle.

Baguette a dit…

Biatch tes articles sont tjs aussi funky à lire.

Baguette a dit…

Je vais à Tanger pour Noël !

Baguette a dit…

You tell me. C'est plus ton coin que le mien si je me fie à ce que je lis.
Je vais voir un pote qui vit là-bas.